Samedi 18 juillet 2009
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« Chez ma tante »
On doit ce sobriquet de « Ma Tante » au Prince de Joinville, troisième fils de Louis-Philippe, qui,
pour honorer ses dettes de jeu, avait dû déposer sa montre au Mont-de-Piété. N’osant l’avouer à sa mère, la reine Amélie, qui s’étonnait de ne plus la lui voir porter, il aurait prétexté l’avoir
oubliée chez sa tante !
« Mettre au clou »
Cette expression renvoie à l’image des objets qui, déposés en gage, étaient autrefois suspendus à des
clous.
Le terme Mont-de-Piété
Lorsque à Pérouse (Italie) en 1462, le moine Barnabé de Terni accorde sur gages des avances sans frais et sans
intérêt, il les appelle « crédit de piété » : en italien : monte pietà. Cette expression fut par la suite mal traduite par les français qui la transformèrent en
Mont-de-Piété.
Les parapluies
On raconte que l’un d’entre eux appartenait à la petite fille d’un ministre de Louis Philippe qui reconduisit
le gage pendant vingt cinq ans. On raconte aussi que le dépôt d’un parapluie fut renouvelé quarante sept ans de suite. Le pebroc croulait sous les étiquettes de bulletin. Un membre du conseil de
surveillance, ému par cet objet, le dégagea et voulut le rendre à son propriétaire légitime. Celui-ci refusa cette aumône et le parapluie retourna au Mont de Piété.
La lettre de Claude Monet
« ma pauvre femme a succombé ce matin à dix heures et demie après avoir horriblement souffert. Je suis
consterné de me voir seul avec mes pauvres enfants. Je viens encore vous demander un nouveau service, ce serait de faire retirer du Mont-de-Piété le médaillon dont je vous envoie ci-inclus la
reconnaissance. C’est le seul souvenir que ma femme avait pu conserver et je voudrais pouvoir lui mettre au cou avant de partir … »
Datée du 5 septembre, la lettre est adressée au Docteur Bellio, médecin et collectionneur parisien. L’état où
l’on voit réduit un peintre dont les toiles allaient bientôt valoir des fortunes renseigne en quelques mots sur l’institution du Mont de Piété, devenu crédit municipal de Paris.
Le don de Santos Dumont
Vainqueur le 19 octobre 1901 du prix Deutsch de la Meurthe, pour avoir relié en trente minutes aller-retour
Saint-Cloud à la Tour Effel avec son dirigeable, l’ingénieur et aéronaute brésilien Alberto Santos Dumont fit don de la moitié de son prix à l’institution. Cette donation de 50.000 francs permit
de dégager 7382 objets : vêtements, chaussures, literie, linge de corps et instruments de travail.
Au secours des parisiens
En 1928, devant le froid sibérien qui s’abat sur la capitale, la direction du Crédit municipal décide de
remettre gratuitement aux petits déposants des gages calorifiques : ouvertures, châles de laine, édredons. Deux jours plus tard, la mesure est étendue aux pardessus d’hommes, manteaux de
femmes et sous vêtements.
54 ans plus tard !
Le 30 janvier 2003, soit 54 ans 4 mois et 16 jours après avoir été déposé, un lot de bijoux (2 colliers et une
médaille) a été récupéré par la famille de « l’engagiste »e qui, durant toutes ces années, avait réglé régulièrement les intérêts du prêt.
Désormais, ces bijoux historiques repris avec émotion resteront donc dans la famille et iront à l’une des arrières petites filles de « l’engagiste ».