Dans le flot de calicots qui ont fleuri et qui ont accompagné notre équipe fétiche dans les étapes finales de son parcours une expression revient comme un leimotiv. Ce club qui enflamme tout un peuple, ce club qui renverse les montagnes, ce club qui a une histoire mémorable, ce club qui réunit les jeunes les vieux, les riches, les pauvres, les gens de la ville et de la campagne, ce club qui sent la saucisse et la botifare, ce club fait de soleil et de sang … ce club « a une âme ! »
Maca Boun Deu !
C’est le cas de le dire ! Une âme ? Le poids de la culture judéo-chrétienne est tel que c’est là le type d’expression qui passe comme une lettre à la poste. Que l’on soit sensible ou pas à l’existence des âmes !
L’âme de l’USAP : une métaphore, sans doute, une hyperbole aussi. Mais l’âme de l’USAP ce n’est pas que de la rhétorique : c’est le choc des corps, la violence des placages, l’invention des attaques, la cohésion du groupe, la solidité des mêlées, la variété du jeu, le défi lancé à l’adversaire, le courage dans la défense, la maîtrise de ses colères …. Et quelques distributions gratuites de châtaignes … mais il le faut. Pour rappeler à tout hasard que pour avoir une âme on n’en est pas moins homme, avec ses faiblesses et ses péchés, que ce n’est pas bien de taper, mais que c’est humain.
Il est intéressant de voir que l’expression que nous avons choisie nous conduit tout bonnement à évoquer ce qu’il peut y avoir de profondément humain dans ce club, dans le comportement de l’équipe, des joueurs, et de tous ceux qui les entourent de leur affection. Il est très humain, il est nécessairement humain de se reconnaître d’une terre, d’une culture, d’une langue, d’une histoire qui nous sont propres et que nous sommes prêts à partager. Cela déborde largement des compétences des joueurs, de leurs dirigeants.
Mais l’humanité aurai-elle donc nécessairement besoin de l’âme pour être ce qu’elle est ? Et l’on retrouve le poids de quelques siècles de christianisme pour nous faire dire et penser ce que peut-être nous n’avons pas envie de dire ou de croire : que le surnaturel, la providence, la vie éternelle et tout le toutim sont des évidences in-con-tour-na-bles ! La preuve par l’USAP !
Revenons donc sur terre. Rendons donc à l’USAP tout le mérite de son succès, félicitons tous les acteurs de cette épopée, les plus humbles, comme les plus prestigieux et à la référence ambiguë à l’âme, préférons la référence au peuple. Au peuple qui exprime sa joie aujourd’hui. Mais cela ne lui fait pas oublier ses colères, ses revendications, ses aspirations, ses exigences.
Billet d’humeur de Jean-Marie Philibert.
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Le Front de gauche,
et après ?
