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Une grande figure du combat pour l’émancipation humaine s’est éteinte. Léopold Figuères, dit «Léo», est décédé, lundi, à l’âge de quatre-vingt treize ans, à Prades, dans le pays de son enfance, où il séjournait en vacances.
Léo Figuères est né le 27 mars 1918 dans une vieille
famille d'horticulteurs de Perpignan. Son père s'installe à Prades en 1922 pour se faire embaucher comme journalier. A l'âge de 15 ans, Léo est apprenti typographe à Perpignan. La lecture de
l'Humanité et la fréquentation du monde ouvrier le décident à adhérer aux Jeunesses communistes à l’âge de 14 ans. Il en devient responsable départemental puis national à partir de 1936.
En 1935, il adhère au Parti communiste. Le 14 juillet 1935 il prononce la déclaration commune des organisations de jeunesse du Front populaire au meeting du stade Buffalo à Paris. D'août 1935 à mars 1937, il suit à Moscou les cours de l'Ecole de l'Internationale. A son retour, il fonde l’Union de la Jeunesse Agricole de France (UJAF) dont il sera le représentant au Congrès Mondial de la Jeunesse pour la Paix qui se tient à New York en août 1938.
Parti à l’armée en Corse en 1938, il participera aux activités de résistance dans l’île à partir de 1940. Puis il dirige depuis Lyon, entre mai 1941 et septembre 1944, l’ensemble de l’organisation des Jeunesses communistes clandestines pour la zone sud de la France. L'action de Léo dans la Résistance et l'importance de ses responsabilités lui ont valu la Médaille de la Résistance, la Croix du Combattant volontaire et la Légion d'honneur. A l'Assemblée consultative provisoire de Paris, en décembre 1944, il représente les Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP).
Le 18 avril 1945, il épouse Léa Lamoureux (dite Andrée), jeune militante de l'Union des jeunes filles de France qui avait rejoint la
résistance à l’âge de 18 ans et qui avait été son agent de liaison. De cette union naîtront quatre enfants.
Le 21 octobre 1945, aux élections à la première Assemblée nationale constituante, le Parti communiste lui demande de conduire la liste dans le département des Pyrénées-Orientales dans lequel il
avait longtemps milité. Soutenue par les militants et l'hebdomadaire Le Travailleur Catalan, la liste communiste devance les listes socialiste et radicale. Le 2 juin 1946, il est réélu membre de
l'Assemblée constituante.
Pour assurer pleinement les fonctions de Secrétaire général de l'Union de la Jeunesse républicaine de France et de directeur de son hebdomadaire l'Avant-Garde, Léo Figuères abandonne aux élections législatives la tête de liste à André Tourné, lui-même se présentant les 10 novembre 1946 et 17 juin 1951, sans espoir d'être élu, en deuxième position.
Dirigeant national du Parti communiste français, membre du Comité central (1945-1976) et de son secrétariat (1959-1964), il sera
également directeur de la revue théorique du PCF, les Cahiers du communisme jusqu’en 1976.
Lors de la guerre d’Indochine, il se rend en tant que journaliste au Vietnam en guerre au début de 1950. Il y rencontre les dirigeants de la République Démocratique du Vietnam dont Hô Chi Minh.
Il en rapporte des reportages et publie un livre pour demander l’arrêt de la guerre coloniale et la paix, qui lui valent poursuites et condamnation.
A la fin de la guerre d’Algérie, à la tête de la manifestation du métro Charonne, à Paris, le 8 février 1962, il est matraqué par les forces de police alors que, ceint de son écharpe d’élu, il informait le commandement des CRS de la dispersion de la manifestation. La répression fut féroce et fit 9 victimes dont un jeune communiste de 15 ans, Daniel Féry.
Il est élu conseiller général de la Seine puis des Hauts-de-Seine entre 1959 et 1993. Maire de Malakoff de 1965 jusqu‘à son départ et son remplacement par Catherine Margaté en 1996, il sera pendant plus de trente ans un maire passionné, contribuant à faire de sa commune une ville très appréciée de sa population. Elu respecté et estimé, Léo, comme beaucoup d'habitants l'appelaient, était très proche de ses concitoyens. Il en était depuis le Maire honoraire.
Si Léo nous a quittés, sa voix rocailleuse où roulent tous les galets de la Têt, nous parvient toujours au travers de ses nombreux ouvrages consacrés au mouvement ouvrier et au difficile chemin de la construction d’un socialisme démocratique.
La direction du Travailleur Catalan, la Fédération des Pyrénées-Orientales du Parti communiste français saluent la mémoire de ce combattant profondément attaché à son idéal et présentent à la famille de Léo, à tous ses proches, leurs plus sincères condoléances.
J'ajouterais à titre personnel, que je l'ai bien connu et j'ai le souvenir de quelqu'un qui avait toujours un accueil chaleureux dans sa mairie de Malakoff et que ses déclarations sont restées en mémoire. Il aimait venir à Perpignan.
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