La sardane est une danse très ancienne qui serait d’origine grecque. En Crête, on a retrouvé des sculptures de danses en rond « ball rondo » datant de 15.000 ans avant JC et 600 ans avant JC des peintures de rondes à Chypre. Les Grecs ne disaient-ils pas que la ronde représente la « révolution circulaire des astres ».
Les premiers documents écrits mentionnant la sardane datent du 16ème siècle. Elle était avant tout dansée par le peuple mais aux 17 et 18ème siècles, elle devint un phénomène de mode au sein de l’aristocratie catalane.
Les premières sardanes dites « courtes » étaient dansées par les faucheurs (ségadors) et les bergers (pastors). Elles étaient allègres et n’incitaient guère à la méditation ou au recueillement. Elles ont progressivement disparues pour les sardanes dites longues dont les premières apparitions se situent en 1830 et 1875.
Ce n’est pas une danse folklorique, la sardane est bien vivante et en pleine évolution depuis le 19ème siècle au niveau chorégraphie mais également au niveau musical : on note ces changements dans le rythme, le nombre de mesures et aussi le nombre de musiciens qui est passé de 6 en 1800 à 11 aujourd’hui.
En effet, qui dit sardane doit obligatoirement penser à la Cobla et on ne peut parler de la Cobla sans faire mention de tous les genres de musique qu’elle peut interpréter.
Les Coblas sont actuellement composées de onze musiciens et de douze instruments :
un tambourin
un flabiol (petite flûte à bec au son aigu) joué d’une seule main
deux tibles (famille des hauts bois)
deux tenoras (bois avec pavillons en métal)
deux trompettes
deus fiscorns (cornets à piston)
un trombone
une contrebasse
Symbole de fraternité entre hommes et femmes de toute condition et de toute origine, main dans la main dans une ronde universelle, elle est la danse nationale de la Catalogne que l’on peut encore aujourd’hui découvrir sur les places des villages de notre belle région où elle est pratiquée par un grand nombre de Catalans, hommes ou femmes, jeunes et moins jeunes.
La sardane est l’une des plus vivantes, des plus belles illustrations sonores et visuelles de l’âme d’un peuple qui compte plus de dix millions d’habitants. C’est à l’évidence un symbole de fraternité, d’amitié, de solidarité et de vraie démocratie.
Par l’amour que les Catalans portent à leur danse, celle-ci est devenue l’expression de leur identité et même de leurs revendications patriotiques. Pendant les heures noires des dictatures de Primo de Rivera et de Franco, la sardane a été interdite car elle représentait la résistance de tout un peuple à l’oppression.
La magnifique sardane « La Santa Espina » devint en quelque sorte l’hymne patriotique des catalans qui la chantèrent debout à chaque occasion durant le règne de Franco.
Les J.O. de Barcelone en 1992 ont permis de la faire connaître du monde entier et elle a même été le symbole choisi par Barcelone pour passer le flambeau à la ville d’Atlanta (Georgie. USA) en 1996 en lui offrant une sculpture « la sardane – danse de la paix »
Si vous n’avez pas encore la chance de savoir la danser, il est possible de prendre rendez-vous dans un foment (école) de la sardane pour apprendre « à pointer du bon pied ».
Pour information :
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Dans ce poème écrit pendant l’Occupation, Louis Aragon (1897-1982) évoque la “Santa Espina” de Barcelone, l’hymne clandestin des Catalans Républicains pendant la guerre d’Espagne. Cette sardane fut interdite pendant les dictatures de Primo de Rivera et de Franco. Pendant la guerre d’Espagne, la “cobla de Barcelona” fut accueillie en France où Aragon put entendre la “Santa Espina”.
