LES ABSTENTIONS
LES ABSTENTIONS
J’ai toujours été contre les abstentions et j’ajoute que les femmes ont eu trop de mal à obtenir le droit de vote pour que nous restions passives !
Au premier tour des élections de Perpignan, on peut remarquer qu’il y a près de la moitié de la population qui s’est abstenue. Pourquoi ? Chacun a ses raisons et beaucoup pensent qu’ils ont manifesté leur choix. C’est une grave erreur car en France l’abstention n’est pas reconnue.
Les personnes qui ont voté blanc ou nul ne sont généralement pas considérées comme abstentionnistes mais le résultat est identique : leur choix n'est pas pris en compte.
De plus, ce qui est inquiétant pour la démocratie c’est qu’en final le candidat élu ne retiendra qu’une chose : Il est élu ! – Oui mais par une minorité (toujours les mêmes en général) et c’est la minorité qui fera la loi et nous gouvernera.
L'abstentionnisme, d'un point de vue légal, n'a pas de reconnaissance sur le résultat d'un scrutin public. Certains pays ont pensé changer leur Constitution en cas d'abstention très élevée (les taux de 70% ou 80% ont été évoqués) à des élections majeures, comme les législatives, mais jamais ces projets de lois n'ont abouti.
Des démocraties ou des groupements politiques tentent souvent de trouver des solutions afin d'éviter l'abstentionnisme, qui est souvent assez fort dans les pays démocratiques.
Une méthode est de rendre le vote obligatoire. Cette solution semble efficace en Belgique. Elle lui permet d'avoir l'un des taux d'abstention parmi les plus bas d'Europe (environ 9% pour les Élections européennes de 2004, alors que la moyenne de l'Union européenne est de 44%). Il y a sanction financière en cas d'abstention. L’obligation a par la suite été adoptée dans de nombreux pays : Luxembourg, Pays-Bas, Italie, Danemark, Grèce, en Autriche, dans certains cantons suisses, mais aussi hors de l’Europe : Australie, Turquie, Costa Rica, Brésil, Argentine. Les votes blancs sont comptabilisés et remis au parti qui aura eu la majorité, ce qui augmente son résultat. L’obligation du vote réduit fortement le taux d’abstention, pourtant cette institution reste fort discutée. Ses opposants lui reprochent de ne pas prendre en compte les raisons poussant les électeurs à l’abstention. À cela, ses partisans répondent qu’ils peuvent se servir du vote blanc et qu’ils peuvent inscrire sur les bulletins ce qu’ils pensent des partis ou des personnalités en place, cela se fait déjà par de nombreuses personnes.
D'autres méthodes existent, comme expliquer le fonctionnement des institutions politiques, de manière à faire mieux comprendre les raisons pour lesquelles voter est important, ou encore débattre ouvertement des points de vues qui séparent les différents partis politiques. Dans les méthodes pour que les gens s'informent mieux, le système de vote par pondération, par classement des candidats, est souvent proposé, notamment la méthode d'élection Condorcet.
Une autre méthode proposée serait de donner réellement le pouvoir aux populations dans les choix politiques de leur vie, par le moyen du mandatement impératif plutôt que par la représentation majoritaire (qui ne donne finalement aucun pouvoir aux individus, seuls les intermédiaires politiques ayant un pouvoir de décision, une fois élus). La solution a l'avantage de rendre le pouvoir à la population qui peut ainsi elle-même s'auto déterminer. Mais en France, le mandatement impératif est considéré comme nul par la Constitution de la Ve République.
.C'est généralement dans les démocraties bien établies, que l'on retrouve des taux d'abstention élevés. Dans la plupart des pays qui ne connaissent pas d'élections démocratiques, les gens souhaitent pouvoir élire leurs représentants.
En France, le vote est obligatoire uniquement aux élections sénatoriales pour les grands électeurs (conseillers municipaux, généraux, régionaux et députés) qui se voient, en cas d’abstention, infliger une amende symbolique de 4,58 €.