Pablo Casals, un musicien, une conscience
PABLO CASALS, un musicien, une conscience
de J.J.. BEDU
(extrait un article paru dans l’Indépendant du 9 juillet 2012)
Pour Pablo Casals, il faut remonter à 25 ans et à un livre que lui a consacré Arthur Conte, mais la seule vraie biographie est américaine.
…. J’adore le violoncelle mais ce qui m’a le plus attiré chez Casals, c’est l’homme de paix, celui qui, mondialement connu, a décidé de mettre sa carrière sous l’étouffoir tant que Franco serait au pouvoir en Espagne. C’est une chose que personne ne ferait aujourd’hui. Il a été un peu piégé par cela, sa carrière a connu une certaine torpeur. Heureusement, le festival de Prades lui a permis de rejouer, de montrer le grand musicien qu’il était, et de devenir aussi un grand apôtre de la pais. Il est dommage qu’il ait échoué de peu au prix Nobel de la Paix. L’homme des Nations Unies, celui qui a eu un entretien mémorable avec Kennedy en 1958, moi, c’est ce Casals que j’aime.
Question :
Pourquoi l’avoir appelé Pablo alors qu’il a clairement revendiqué son origine catalane, parlant aux Nations Unies de « l’âme de son peuple, la Catalogne ?
Il est né Pablo Casals, parce qu’il ne pouvait être déclaré sous un prénom catalan. Ses lettres sont indifféremment signées Pablo ou Pau, mais celles à sa famille sont toujours signées Pablo parce que c’est ainsi qu’on l’appelait. Et je tiens de sa famille, qu’il n’aimait pas beaucoup qu’on l’appelle Pau. En 1919, à Barcelone, quand il crée l’orchestre Pau Casals, c’est pour dire qu’il est Catalan, parce que c’est un grand Catalan dans l’âme. Mais le festival retient le nom de Pablo Casals.
Nota :
Personnellement, j’ai acheté – et je l’écoute sans me lasser – Pablo Casals, chef d’orchestre – Prades 1953.