le Lutetia

Publié le par jacqueline66

 

Lutetia, palace parisien. Il a connu la première guerre mondiale au front, et nous fait partager la seconde, de 1938 à 1945, sans bouger du Lutetia (il dit à Lutetia, comme une ville, et non au Lutetia), mais en voyageant pourtant très loin dans l'âme humaine.

Tapi dans les recoins les plus secrets du Lutetia, il voit l'Europe s'enfoncer dans la guerre mondiale.  Discret et intouchable, nul ne sait ce qu'il pense.

Pendant l'occupation, ce sont les renseignements allemands, l'espionnage, qui occupent l'hôtel. Il lui faudra composer avec ça, sans trahir ses convictions profondes. A la Libération, ce sont les déportés qu'accueillent le Lutetia.

Dans un Paris vaincu, occupé, humilié, aux heures les plus sombres de la collaboration, cet homme, pourtant est hanté par une question : jusqu'où peut-on aller sans trahir sa conscience ?

 

De 1938 à 1945, l'hôtel Lutetia - l'unique palace de la rive gauche - partage le destin de la France. Entre ses murs se succèdent en effet, exilés, écrivains et artistes, puis pendant l'occupation, ce sont les renseignements allemands, l'espionnage, officiers nazis et trafiquants du marché noir, qui occupent l'hôtel

A la Libération, ce sont les déportés de retour des camps qu'accueille le Lutetia.

En accordant précision biographique et souffle romanesque, Pierre Assouline redonne vie à la légende perdue du grand hôtel, avec un art du clair-obscur qui convient mieux que tout autre au mythique Lutetia.

Un roman très fort et très travaillé, une réalité historique précise et percutante.

 

Extrait d'une interview avec Pierre Assouline pour le Lutétia

.......  j'avais envie de raconter un grand hôtel parisien et j'ai réalisé que ce ne pouvait être que le Lutétia. Parce qu'il est à la fois le seul palace de la rive gauche, le seul fréquenté à cinquante pour cent par des clients français et surtout le seul de tous les hôtels réquisitionnés par l'occupant allemand à avoir trouvé une rédemption à la Libération, en devenant un centre d'accueil et d'hébergement pour les déportés.

Le plan est alors évident : le Lutétia avant, pendant et après la guerre, et le pari narratif s'est imposé : raconter la France de 1938 à 1945 depuis un lieu unique. A partir de là tout s'est imbriqué autour d'un personnage central fictif qui doit tout voir et tout savoir sans être vu, le détective de l'hôtel, Edouard Kiefer.

........ C'est un roman historique, avec une trame romanesque au sens classique du terme : des personnages de fiction, et des « fils rouges » comme la présence récurrente au Lutétia de l'amour de jeunesse de Kiefer, Nathalie, devenue comtesse Clary. En revanche, les trois quarts des personnages et la totalité du cadre et des situations sont historiques, au sens de l'exactitude historique.

....... J'ai trouvé des précisions dans les archives en premier lieu, celles du Lutétia ; En revanche, sur le retour des déportés pas grand chose. J'ai donc retrouvé et interrogé des déportés grâce à mon propre réseau de relations. Et surtout, pendant un an, chaque premier jeudi du mois, j'ai participé au dîner  offert par la direction de l'hôtel à une amicale parfaitement oeuménique, qui rassemble des juifs, des catholiques, des francs-maçons, des communistes, des gens de droite, des officiers, des industriels. Seul point commun, outre la déportation, tous sont rentrés par le Lutétia. Et là, j'ai rencontré des gens étonnants, qui m'ont raconté des anecdotes extraordinaires

 

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Publié dans livres

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