LES CONGES PAYES
En ce jour du 1er mai, fête du muguet mais aussi celle des travailleurs, on ne peut pas oublier une victoire de 1936 qu’ils ont acquise à force de courage et de persévérance :
Apparus en France le 20 juin 1936 et en Belgique dès le 8 juillet suivant, les congés payés sont une innovation sociale majeure dont certaines prémices étaient apparues dans des conventions collectives en Allemagne dès le début du 20ème siècle.
La victoire du Front populaire aux élections législatives du 3 mai 1936 provoqua un élan de revendications chez les travailleurs. Ils lancèrent un mouvement de grève et d’occupation d’usines à travers toute la France, impliquant près de 2 millions de travailleurs., ces grèves, paralysant tout le pays, entraînèrent l’ouverture de négociations avec le patronat sous la tutelle du nouveau gouvernement. Elles aboutirent tout d’abord aux Accords de Matignon, puis à la création des congés payés.
Fixés à quinze jours à l’origine, les congés payés minimum obligatoire n’ont cessé de s’allonger par l’action législative : de deux semaines en 1936, ils passent à 3 en 1956, puis à 4 en 1969 et enfin à 5 semaines en 1982.
La généralisation des congés payés dans de nombreux pays industrialisés a fortement contribué à la montée de ce que l’on appelle le « tourisme de masses ».
Destinés à améliorer les conditions de vie des salariés et faciliter l’accès des masses populaires au tourisme, aux sports et de manière générale aux loisirs, les congés payés ont permis le développement soudain de tout un secteur économique, le tourisme de masse, même si cela a pu dans un premier temps renforcer l’inflation, les entreprises répercutant le coût des congés payés sur le prix.
L’existence des congés payés a également entraîné progressivement l’adoption d’une série de mesures sociales ou d’initiatives privées visant à les favoriser :
- généralisation des réductions annuelles sur les chemins de fer
- création d’un ministère du Tourisme
- création d’organisations culturelles populaires
- promotion des colonies des vacances par les entreprises, à travers les Comités d’Entreprises
- développement des bains de mer et des séjours à la montagne
En outre, il semble que les congés payés aient eu un impact positif sur la productivité du salarié : on soutient notamment l’existence d’une corrélation entre la qualité du travail et la possibilité de poser des congés régulièrement.
LES CONGES PAYES ET LES REACTIONS PATRONALES
Dès 1936, la droite et le patronat se déchaînent contre cette avancée sociale avec d’ailleurs les mêmes arguments qu’aujourd’hui, on peut le constater
« la hantise de l’oisiveté, mère de tous les vices » ; la crainte de la destruction d’une certaine moral du labeur (Il est à remarquer que le patronat de droit divin du 19ème siècle existait toujours)
Sans oublier les arguments économiques : « Etre payé à ne rien faire », « l’économie française ne s’en relèvera pas », « la France entrera en déclin face aux autres nations »
Ce qui confirme ce que nous disions plus haut : Chaque fois que l’on donne du temps pour souffler aux salariés, la droite se déchaîne contre ces mesures avec les mêmes arguments.
En plus, n’oublions pas que les familles du patronat déjà en vacances sur « leurs » plages sont affolées de voir arriver à côté d’elles tous ces salariés qu’on ne fréquentait surtout pas.
En 1937, avec ma mère, nous sommes parties en vacances dans le Loiret, dans un petit village, que de découvertes j’ai faites et que de bons souvenirs.
Mon père est venu nous rejoindre pour quinze jours : c’était aussi la première fois qu’il prenait des vacances et … nous étions tous les trois. Quelle joie !
En cette période difficile et de remise en cause de tous les acquis que nous vivons, leurs respects et notre avenir, celle de tous et entre nos mains.