SENT-BON
Qui d’entre nous n’a pas employé cette expression dans son enfance ? Et cela nous laisse de doux souvenirs.
En lisant le « Petit Dico d’acqui » j’ai découvert que les Catalans employaient aussi cette expression. La voici :
Quand j’étais petit, la toilette était un vrai supplice. On se faisait proprement étriller, récurer, frotter, on finissait la peau route et fumante, pas un recoin de notre corps n’échappait à la poigne énergique de la maman ou de la mémé de service. Le seul bon moment se situait à la fin du supplice, juste après la raie sur le côté avec les cheveux bien plaqués : c’était le moment où on nous frottait le cugot*
(la nuque) avec une eau de Cologne bon marché dont la capiteuse fragrance nous étourdissait un peu, tellement elle était puissante.
Tout le monde, parents et enfants appelait ça du sent-bon.
Le terme était générique, il désignait tout aussi bien l’eau de toilette évoquée ci-dessus que le parfum de Paris qui trônait sur la coiffeuse de marbre dans la chambre de ma mémé. Elle en faisait usage que le dimanche : on la sentait à mi-escalier quand on rait, sales comme des peignes, d’une longue et salissante après-midi de jeu.
Le sent-bon. J’adore ce mot, je le trouve câlin, un peu enfantin. Je l’utilise aussi souvent que je peux, parce qu’il a le pouvoir magique d’arracher systématiquement un sourire à la personne à qui je m’adresse. Et par les temps qui courent, un sourire c’est toujours ça de pris.
prononcer : cougott
Gérard Jacquet « Le petit dico d’acqui »