SOLIDARITE AVEC LES GRECS
Dans le monde enchanteur du capitalisme forcené, il suffit qu’une officine privée, aux intérêts assez flous, décide de baisser la note d’un Etat, en l’occurrence la Grèce, pour que celui-ci voit le marché s’attaquer à sa stabilité monétaire.
Aussitôt, les Etats européens, le FMI sont sommés de mettre la main à la poche pour stopper une faillite, qui s’annonce déjà contagieuse, et dont la seule cause a pour nom l’incurie financière de ces Etats bien trop démocratiques.
Car ne les avez-vous pas entendus, tout au long de la semaine, ces bons samaritains de l’équilibre budgétaire, de la non-intervention de l’Etat, prêcher les effets vertueux de la crise grecque? «Regardez, pauvres pêcheurs, à quoi mène cette infâme dépense publique! Aidons la brebis égarée pour mieux guider nos pas dans le futur! Dépensons moins, dépensons moins! Au diable la Sécurité sociale, la retraite par répartition et autres gadgets sociaux, qui nous mèneront tout droit dans les flammes de l’enfer financier!»
Dont acte. Tirons les enseignements profonds des crises secouant une économie désormais mondialisée. Et, si vous le voulez bien, messieurs les samaritains du libéralisme moralisateur, commençons par tirer les enseignements de la crise boursière, qui a jeté et jette encore des millions de salariés au chômage et dans la misère à travers le monde.
Il en a fallu de la dépense publique, rapide et incontrôlée, pour mettre fin à un naufrage bancaire programmé par vos seules incuries. Mais, là, messieurs les grands prêtres de la non-intervention étatique, silence radio! Même pas un merci sorti de votre bouche! Après tout, est-ce sans doute le rôle de la bourse, que de boursicoter sur le dos de ceux qui travaillent. Dans ce cas, alors gageons que ce n’est pas le rôle de l’Etat que de payer pour les boursiers, les spéculateurs et autres donneurs de mauvaises leçons bien heureux de pouvoir sauver leur peau grâce à l’argent public.
Cela s’appelle balayer à sa propre porte. Et parions, pour finir, qu’en cette période douloureuse, la Grèce a d’abord besoin d’un Etat solide, efficace, et visionnaire.
A bon entendeur, salut.
Sébastien Pouilly
Les marchés financiers s’attaquent depuis plusieurs mois à la Grèce. Pour «rassurer les marchés», l’Union européenne et le FMI imposent une cure d’austérité drastique au peuple grec. L’âge de la retraite passera à 67 ans. Les salaires seront diminués de 15% dans le secteur public, et les licenciements facilités dans le secteur privé.
La TVA sera augmentée de 4 points. D’autres mesures sont prévues. Ce plan d’austérité plongera l’économie grecque dans la dépression. La Grèce n’est que le premier domino. Une fois son compte réglé, les marchés financiers s’attaqueront à d’autres pays, Portugal, Espagne, Irlande... ou France. L’enjeu est simple: qui paiera la facture de la crise financière, du renflouement des banques et des déficits publics?
L’Union européenne annonce un «plan de sauvetage de la Grèce». Mais les prêts consentis ne profiteront qu’aux spéculateurs, pas au peuple grec. Et ils ne résoudront rien à terme. Si les peuples européens ne réagissent pas fortement, les droits sociaux seront partout mis à mal.
Les peuples seront dressés les uns contre les autres, comme c’est déjà le cas des Grecs, désignés comme «tricheurs» et «irresponsables».
On sait où cela peut mener. Attali, il y a quelques jours, comptait au nombre des pistes pour sortir de la crise capitaliste, la guerre. Pour stopper cet engrenage, nous devons nous mobiliser aux côtés des Grecs.
Note : Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience (Jean Jaurès)